AFFAIRE MYRIAM J

IED • 31 janvier 2026

Procès en appel de l'ex-employée de crèche

pour le meurtre d’un bébé par ingestion d’acide caustique


Condamnée en première instance à 25 ans de réclusion criminelle pour avoir fait ingérer du déboucheur Destop à Lisa, une enfant âgée de 11 mois, l’ex-employée de crèche Myriam J. est rejugée en appel du 28 au 30 janvier 2026.

Ce nouveau procès intervient à Bourg‑en‑Bresse devant la cour d’assises de l’Ain après l’appel du parquet.


Les faits


Le 22 juin 2022, dans la micro‑crèche Danton Rêve du groupe People & Baby, située dans le 3ᵉ arrondissement de Lyon, Myriam J, alors âgée de 27 ans, est seule pour accueillir les enfants. 


Selon les reconstitutions judiciaires, alors que la petite Lisa pleurait, elle lui aurait versé du Destop dans la bouche, affirmant plus tard avoir agi pour qu’elle « arrête de pleurer ».


Lisa en décède, après quatre heures d’agonie, malgré l’intervention des secours. L’ingestion de Destop, produit très corrosif, lui a provoqué des brûlures au troisième degré des voies respiratoires et de l’appareil digestif.


Aux enquêteurs, l’accusée aurait d’abord fourni plusieurs versions contradictoires, évoquant une ingestion accidentelle de gouache ou l’accès de l’enfant à des seaux de désinfectant, avant d’admettre avoir administré le produit.


Elle a toujours nié avoir voulu donner la mort, affirmant ne pas avoir connaissance de la dangerosité du liquide ménager.


La condamnation de première instance et l’appel du parquet


Lors du premier procès, qui s’est tenu en avril 2025 devant la cour d’assises du Rhône, les jurés ont retenu la version de la prévenue selon laquelle elle n’avait pas eu l’intention de tuer la fillette, requalifiant les faits de meurtre en « tortures et actes de barbarie ayant entraîné la mort sans intention de la donner ». Myriam J. a été condamnée à 25 ans de réclusion criminelle.


Le procureur général a formé appel de cette décision, estimant que l’exclusion de la qualification de meurtre n’était pas justifiée au regard des éléments révélant une intention de donner la mort.

Si la Cour d’assises d’appel retenait la qualification de meurtre, Myriam J. serait passible de la réclusion criminelle à perpétuité.


Innocence En Danger partie civile


Innocence en Danger, représentée par Me Morello, avocate du cabinet de Maître Sannier, s’est constituée partie civile dans cette procédure en appel afin de dénoncer la qualification pénale retenue en première instance, qu’elle estime insuffisante au regard de la gravité des faits. L’association s’interroge sur la question centrale suivante : peut-on décider de faire avaler pratiquement une bouteille de soude caustique à un bébé sans avoir l’intention de lui donner la mort ? Peut-on faire subir une mort aussi atroce que celle-ci par inadvertance ou involontairement ? 

L’association soulève également des questions sur les conditions d’accueil dans certaines structures privées. En effet, Myriam J., qui a été jugée « immature » par les psychiatres, et décrite comme manquant d’expérience et de patience par son ancienne employeuse, se trouvait seule pour accueillir les enfants le jour du drame. 


Verdict du 30 janvier 2026 par la cour d’assises de Bourg-en-Bresse


Le 30 janvier 2026, après trois jours d 'audience, la cour d 'assises d 'appel a rendu sa décision et a condamné Myriam J. pour meurtre à la peine de 30 années de réclusion criminelle.


Les trois magistrats professionnels et les neuf jurés qui composaient cette cour d'assises ont reconnu l'intention de Myriam J. de donner la mort à cette enfant de 11 mois en se basant sur le mode opératoire abominable, les actes réalisés à la suite de ces faits et la volonté de l'accusée de faire disparaître les preuves et de cacher la nature du produit donné à l'enfant.

Cette décision est une victoire pour l'enfance, pour l'innocence défendue par l'association car aujourd'hui la justice a reconnu que le fait de faire boire une quantité massive d'acide mortel à un enfant en lui mettant directement dans la bouche le goulot de la bouteille est bien un meurtre. Maître Annabelle Morello, pour Innocence en Danger


Source :

Article Libération du 30/01/2026

Article le Figaro du 29/01/2026

Article du Figaro du 30/01/2026

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