Un pédocriminel remis en liberté par erreur à trois semaines de son procès en appel

IED • 16 janvier 2026

Guillaume F. a été condamné en décembre 2024 à 18 ans de réclusion criminelle pour des viols incestueux commis sur son fils de 8 mois, ainsi que pour d’autres infractions en lien avec la pédocriminalité.

 

S’il a interjeté appel de cette décision, il était néanmoins incarcéré depuis 2022, après avoir reconnu les violences sexuelles commises sur son enfant, ainsi que la diffusion de photographies pédocriminelles sur le darknet. Il avait par ailleurs déjà fait l’objet de plusieurs condamnations pour détention d’images pédopornographiques.

 

Pour autant, le parquet général de Rennes n’a pas demandé la prolongation de la détention provisoire de Guillaume F. Alors que son procès en appel est prévu du 21 au 23 janvier 2026, il vient donc d’être remis en liberté le samedi 27 décembre 2025 et se retrouve soumis à un simple contrôle judiciaire.

 

Cette situation résulte d’une omission du parquet général, comme l’a reconnu Monsieur Ronan Le Clerc, procureur de la République près du tribunal judiciaire de Rennes : « Le parquet général de Rennes a omis de saisir la chambre de l’instruction d’une requête en prolongation exceptionnelle de détention provisoire de l’intéressé. ».

 

Ainsi, un pédocriminel multirécidiviste, condamné pour des viols incestueux d’une gravité exceptionnelle perpétrés sur un nourrisson, se présentera libre à son procès en appel.

 

Innocence En Danger, représentée par Me Darmon, s’est constituée partie civile dans ce dossier et dénonce avec indignation cette remise en liberté. Cette omission est un affront aux victimes et une source d’angoisse pour l’ensemble des parties civiles.

 

Un risque de récidive identifié

 

Lors du prononcé de sa condamnation, la cour criminelle de Loire-Atlantique avait souligné que Guillaume F. n’avait tiré aucun enseignement de ses condamnations antérieures, était impliqué dans de nombreux réseaux pédocriminels, et représentait un risque élevé et persistant de récidive.

 

Toutes ses demandes de remise en liberté avaient par ailleurs été rejetées jusqu’à sa comparution devant la cour criminelle, les juges constatant la persistance du risque et le trouble grave à l’ordre public.

 

Un contrôle judiciaire insuffisant

 

Le 29 décembre, soit deux jours après sa sortie, le parquet de Rennes a requis en urgence le placement sous contrôle judiciaire de Guillaume F., ordonné le jour même par un juge des libertés et de la détention. Jusqu’à son procès, il a ainsi interdiction de quitter le territoire, de se rendre au domicile des victimes ou de les contacter. Il doit également pointer une fois par semaine à la gendarmerie.

 

Une mince consolation face à l’ampleur du problème.

 

Une erreur susceptible de se répéter

 

Le nombre d’affaires criminelles en attente a doublé en cinq ans, passant de 2 204 en 2019 à 4 593 en 2024. Dans ce contexte, les oublis de prolongation de détention provisoire risquent de se multiplier.

 

Innocence En Danger appelle les autorités judiciaires à corriger cette situation et à garantir la sécurité des victimes.

 

 

Articles sur le sujet : 

 

https://www.mediapart.fr/journal/france/120126/un-pedocriminel-remis-en-liberte-par-erreur-trois-semaines-de-son-proces-en-appel#paywall-anchor

 

https://www.ouest-france.fr/societe/justice/un-oubli-de-la-justice-permet-a-un-pedocriminel-de-loire-atlantique-de-retrouver-la-liberte-49fa6e86-f09d-11f0-87e6-f801a63b73d7

 

https://www.lefigaro.fr/nantes/nantes-un-pedocriminel-remis-en-liberte-a-quelques-jours-de-son-proces-en-appel-en-raison-d-une-erreur-de-procedure-20260114

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