AFFAIRE SOFIAN C
Un Nîmois est visé par une enquête pour des faits de proxénétisme. Au cours des investigations, les enquêteurs découvrent sur son téléphone portable la vidéo du viol d’une enfant.
Les faits
Les investigations menées par la Sûreté départementale ont débuté en août 2021 dans le cadre d’une affaire de proxénétisme.
Un homme âgé d’une trentaine d’années est alors apparu comme suspecté de tirer profit de l’exploitation de jeunes femmes mineures.
C'est à l'occasion de la saisie de son téléphone portable qu'une deuxième enquête va émerger. En effet, les analyses techniques réalisées sur l’appareil ont permis la découverte d’éléments d’une extrême gravité, dont une vidéo montrant une scène de viol impliquant le suspect et une enfant âgée de 22 mois, qui lui avait été confiée par ses parents.
Au regard de ces faits, une information judiciaire distincte a été ouverte en mai 2023 par le parquet de Nîmes. Le mis en cause a été mis en examen au début de l’été 2023 des chefs de viol sur mineur de 15 ans et de captation d’images à caractère pédopornographique, puis placé en détention provisoire.
Le procès
L’accusé, âgé de 37 ans, a comparu les 19 et 20 février 2026 devant la Cour criminelle de Nîmes pour des faits de viol sur mineur de 15 ans et de captation d’images à caractère pédopornographique.
Au cours de l’audience publique, largement consacrée à l’examen de sa personnalité, l’accusé a reconnu les faits. Il a invoqué un contexte personnel marqué, selon ses déclarations, par une consommation importante d’alcool et de stupéfiants.
La Cour a condamné l’accusé à 18 années de réclusion criminelle, assorties d’une période de sûreté fixée aux deux tiers de la peine et d’une interdiction définitive de contact avec les mineurs.
La juridiction a en outre prononcé une mesure de rétention de sûreté. Cette mesure permettra, le cas échéant, de prolonger son maintien en rétention au-delà de l’exécution de sa peine, si sa particulière dangerosité ou un risque élevé de récidive sont établis par la commission compétente.
Innocence En Danger partie civile
Innocence en Danger, représentée par Maître Sannier, s’est constituée partie civile dans ce dossier, afin de venir au soutien des intérêts de l’enfant victime.
L’association prend acte de la décision rendue et salue une condamnation qui reconnaît la gravité exceptionnelle des faits et la nécessité de prendre en considération le risque de récidive.
Toutefois, l’association partage l’analyse exprimée par Me Sannier qui, suite aux débats de ces deux derniers jours, déplore que l'on « s’intéresse parfois plus à l'auteur qu'à la victime ».
Les médias en parlent :