Témoignages

TEMOIGNAGE ANONYME :

Bonjour, Je vous écris car comme j’en parlais dans mon précédent témoignage, voici où j’en suis aujourd’hui… quel travail thérapeutique suivre je ne sais plus… voilà juste ce que j’ai écrit ce matin… Je me permets de vous écrire car je mène un combat pour ma fille et je ne sais plus quoi faire. Je suis une maman de 31 ans. J’ai tenté tellement de pistes malheureusement.. J’aimerais parvenir à expliquer mon mal être, toucher quelqu’un qui puisse nous aider dans ce combat dans lequel la pureté et l’horreur cohabitent. Je vis, je survis en état de choc, de stress post traumatique. J’ai été victime d’inceste et de maltraitances psychologiques jusqu’à la naissance de ma fille, moment où j’ai enfin pu couper les ponts avec ce père et ce frère. Pas encore avec cette mère pour le moment. Entre autres. Je pourrais vous expliquer ce que cela implique au quotidien.. Je suis brisée, je ne me sens rien.. à réparer pas à jeter… pas à jeter car j’ai ma fille de 4 ans. Pourtant il ne me semble pas y avoir d’autre alternative. J’ai le bonheur sous les yeux mais je suis impuissante, je vis une double peine. Bloquée dans mes traumatismes. Ma vie s’arrête à nouveau. Je n’arrive plus à rien faire, à ressentir ce corps souillé, à m’estimer après avoir été l’objet de tous… manipulée et détruite par ceux qui devaient m’élever et m’aimer. J’en ai vu des thérapeutes mais il faut avancer dans un monde où tout va vite, il faut de l’argent pour se soigner c’est le serpent qui se mord la queue. J’ai fait des tas de démarches, il existe tellement peu d’alternatives pour les victimes. Ressentir cette vie qui fait si mal. Être seule face à cela. Voir cette enfant exceptionnelle et ne pas pouvoir agir. Cancérisée par le chagrin. Je trouve tout ça tellement injuste. Je sais que je suis morte à l’intérieur. J’ai essayé de tenir, de me voiler la face pour elle mais le passé m’a rattrapée suite au dépôt de plainte que j’ai fait. Je n’arrive pas à lui offrir sa vraie maman. Manger, se lever, boire.. tout est un supplice. J’arrive seulement à fonctionner un peu au contact de ma fille mais tout le reste est irréel. Je n’arrive pas à me faire à l’idée de ne pouvoir donner le meilleur à mon enfant pour réparer tout ça et dire stop à toutes ces violences familiales. C’est insupportable. Mon mari fait ce qu’il peut mais nous nous trouvons à nouveau dans l’impasse. Nous avons changé de région pour mettre à l’abri entre autres notre fille de ces personnes malsaines mais nous allons sans doute devoir repartir dans cette ancienne maison. Je ne suis plus sûre que dans un combat entre le bien et le mal, ce soit toujours le bien qui l’emporte. Je suis prête à faire beaucoup pour sortir de cette situation, c’est un appel à l’aide que je lance. Je vous remercie sincèrement et j’espère tellement une implication quelconque afin de réparer tout ce mal, sortir de ces tabous et j’en passe. Ma fille m’a redonné l’espoir de croire que des élans d’humanité pourraient peut-être encore exister… elle est la seule once de douceur que la vie a pu me donner…

 

 

 

Olive

 

MESSAGE A UNE REBELLE DANS LA SOLITUDE DE SON COMBAT
J’ai été multi-victime d’inceste et d’agressions sexuelles continues dans l’enfance. Je me suis auto-mutilé, je me suis auto-saboté, je me suis « auto-suicidé », je me suis auto-sabordé professionnellement et socialement, j’ai plongé dans l’alcool pensant savoir nager; j’ai adopté des conduites à risques sur tous les plans, j’ai connu les phobies et la tabagie, j’ai supporté des agressions sexuelles sans me défendre ni réagir, j’ai été longuement inconscient de ces conduites, j’ai vécu jusque tardivement dans le déni des diverses manipulations qui m’étaient faites; j’ai vécu dans une méfiance qui m’enfonçait davantage, j’ai vécu dans la honte, j’ai vécu dans la misère morale en toute conscience et incapable d’en sortir; j’ai subi des violences physiques et je me suis mis en colère : je suis devenu révolté et rebelle, voire haineux. J’ai pensé judicieux d’écraser mes sentiments alors que mes préférences n’étaient pas respectées ni mes choix pris en considération, j’ai été traité de fou durant des lustres et je pensais que c’était bien, j’ai connu l’ostracisme et l’opprobre en plus des harcèlements. J’ai accepté longtemps de me laisser détruire et l’indignité était devenue mon quotidien. J’étais incapable d’aimer mais je cherchais désespérément à être aimé, touché, caressé au risque d’être à nouveau profondément détruit. J’étais déprimé sans conscience qu’il pût en être autrement, j’ai été battu au propre et au figuré, j’ai erré en dérive… en désespérance d’un rivage. MAIS JE NE L’OUBLIE PAS !!!!!!!! ET JE VOIS MES SŒURS ET MES FRÈRES DANS LEURS CHAÎNES !!!!!!!!!!! Combien de fois faut-il mourir de l’intérieur pour retrouver des forces vives et apprendre à sentir, à reconnaître ses émotions, à revendiquer sa dignité ? Tu mènes ce combat en prenant tous les risques, tu crânes gentiment sans dire un mot plus haut que l’autre : Le moment est arrivé de sortir les couteaux et de te mettre en colère; le moment est arrivé de prendre la mesure des dégâts que l’on t’a causés; le moment est arrivé de penser à toi et de prendre ce qui te revient. Le moment est arrivé de hausser le ton sans craindre de déplaire, le moment est arrivé d’imposer ta place où que tu ailles. Le moment est arrivé de reconnaître les prédateurs et les pervers pour ce qu’ils sont et où qu’ils se trouvent. Le moment est arrivé de savoir porter des reproches à celles ou ceux qui te négligent en ne faisant pas leur travail. Le moment est arrivé d’accepter la tendresse, la gentillesse et l’amitié comme des forces vives, spirituelles et dynamisantes. Le moment est arrivé d’accepter de l’aide de tes amies et amis et de savoir rejeter les pièges tendus par les parasites. Le moment est arrivé de concevoir ta valeur et la valeur de tes sacrifices, la valeur de ta noblesse, la valeur de ton courage. Le moment est arrivé de te FAIRE RESPECTER ET AIMER. Par mon témoignage, je te rends hommage : touche mes plaies et panse les tiennes. LES DROITS ET LA LIBERTÉ NE SE DONNENT PAS : ILS SE PRENNENT !!!! Victor 2013
 
Auteur de romans, nouvelles, poésies et essais regroupés sous le titre de « Rebelles homéostasiques ». 32.495.656891
 

L’ORGUEIL, SUPRÊME DÉFENSE…
(JOURNAL D’UN SURVIVANT 30)
16 mars 2013, 01:09
 Que peut faire d’elle-même une victime survivante d’inceste et de viols dans l’enfance ?
Dépossédée d’elle-même, prisonnière d’une cage invisible à ses propres yeux,  elle a une conscience confuse de ces barreaux contre lesquels elle n’arrête pas de se blesser.  Que ces barreaux soient l’impossibilité à communiquer,  les remontrances,  les insultes souvent reçues de proches,  des menaces ou des implications en culpabilité (tous les sujets seront bons),  des coups très souvent même,  les dénigrements constants déjà dans la famille,  la dévalorisation que finit par incarner son propre regard… En un mot comme en cent : les barreaux de la maltraitance, de l’abandon affectif, du rejet, de l’isolement, puis de l’indifférence généralisée envers un enfant qui, visiblement, n’a plus de prix ni l’estime de personne, petit à petit… puis définitivement… rejeté ! D’ordinaire,  cet enfant puis cet /te adolescent/e  est  de nouveau cerné/e  par de nouveaux prédateurs,  c’est notre lot de victimes soumises si tôt, à peine éveillées aux douceurs de la Vie. La honte s’installe, l’envahit,  et les complexes s’enkystent en son cœur, en son âme torturée, et verrouillent vite tous ses systèmes de développement.  La tristesse l’inonde. Souvent,  la victime prendra du poids, sorte d’armure que l’insconscient fabrique et qui lui vaudra des moqueries supplémentaires. Un sentiment d’infériorité :  « Je suis nul/le ! – Je suis un/e  enfant adopté/e !!  –  Personne ne m’aimera !!!  –  je suis incapable !!!!  –  Je ne comprends rien !!!!  –  Les autres ont du talent, moi pas !!!…»  –  va grandir en elle comme une fleur vénéneuse. Nombre de victimes deviennent lymphatiques ou hyperactives et, à l’adolescence,  elles commencent à développer les fameux maux psychosomatiques (la liste en est longue tant le subconscient s’emploie à envoyer des signaux d’alarme dont tout le monde se fatigue : « Mais ne font-elles pas leur propre malheur ?  Souffrent-elles vraiment ? ») L’isolement affectif,  le sentiment d’infériorité, celui de ne pas obtenir de place dans l’entourage, puis une sensibilité écorchée aussi longtemps  – année après année,  créent une compensation psychologique qui dépasse toutes les autres, comme la boulimie, les addictions ou les manies : C’est celle qu’on appelle « la réparation narcissique du moi » qui entraîne fréquemment un idéalisme rêveur mais souvent aussi une mégalomanie dangereuse pour soi et pour les autres. Elle peut devenir dure et criminelle et le sujet en est conscient… D’une manière ou d’une autre, une personne ne trouvant pas l’amour mérité (cette eau vive qui tonifie en elle la Vie), cette victime qui s’ignore encore, se dira alors : « S’ils ne m’aiment pas, je n’ai pas besoin d’eux ou d’elles.  Et je leur démontrerai que je suis plus forte qu’elles ou que tous, …que je n’ai besoin de personne !!! » Ne pas avoir besoin d’être aimée signifie devenir fière, pour elle : on lui interdit les sentiments ?  Elle s’en privera dorénavant : elle s’en coupera, elle tuera dans l’œuf ce sentimentalisme qui la rendait vulnérable ou ridicule aux yeux de ces personnes dont elle attendait tout. Ainsi crânant,  elle se gagnera son public,  elle sera capable de devenir réellement comique ou réellement héroïque, ou celle qui n’a pas peur des garçons ou des filles : elle mettra tout dans la balance pour gagner une reconnaissance en sachant qu’elle n’a plus rien à attendre de personne. Elle deviendra, avec un peu de chance, fière d’elle-même : elle sera capable, souvent, d’une remontée scolaire surprenante, de résultats sportifs brillants, d’un rôle comme actrice ou acteur, d’écrire des dissertations qui démontreront une maturité autrefois refusée ou interdite… Pourtant, l’invalidité psychique ne guérira pas pour autant : son manque d’assurance, l’inconscient s’en est déjà chargé et la fleur empoisonnée de son enfance a continué d’étendre ses racines.  Oui, il lui faudra doper chaque fois davantage cette fierté qui devient, en son for intérieur dissimulée, un carcan blindé. Ce carcan, comme l’escarre, la blessera sans cesse dans sa solitude.  Mais il est facile de se fuir lorsqu’on a gagné les sourires surpris d’un entourage auparavant méprisant ou d’un cercle d’amis qui ignorent son passé de « petite fille honteuse » ou de « petit garçon vicieux » et dont l’image perdure aux regards de la famille,  comme celle d’un enfant dangereux auquel on attribuera tout le poids des problèmes…  Car la culture fermée des familles dysfonctionnelles et despotiques ne pardonne jamais, et le couteau de leur fiel reste au fourreau de la plaie vive. L’amour parental vend très cher les ébauches de sourire et, en cas de besoin, va monnayer cyniquement une diplomatie aux abois. Ainsi, nombre de personnes célèbres sont des victimes d’inceste, comme le fut Sigmund Freud, le grand traître de ses sœurs et frères de chaînes. Lui connaissait aussi la honte publique pour l’emprisonnement de son oncle paternel : et les hontes s’attirent comme des aimants, quelles qu’en soient les origines, et elles s’agglomèrent en un kyste terrible qui attaque les centres névralgiques vitaux et se répand dans les cellules, au mental comme au physique. Des kystes qu’on dénomme bénins mais qui rongent comme des cancers… L’orgueil aussi est un cancer. Il gagne l’organisme et s’installe avec sa sœur jumelle, la honte, au cœur des viscères, siège des émotions auxquelles ils grignotent toute liberté d’expression. Ils les parasitent comme le coucou vorace qui, déguisé, phagocyte l’énergie des parents abusés incapables de reconnaître leurs oisillons, la chair de leur chair. Et combien d’enfants incestés verront et souffriront un tel outrage, comble de l’abandon parental. Les parents incestueux, comme tels, voulaient déjà la mort de leur(s) rejeton(s) : la nature est ainsi, parfois, monstrueuse…  Notre Monde est chaos ! Comment guérir de l’orgueil alors ?  Cet orgueil qui s’enivrera de chaque parcelle de pouvoir bataillée à une destinée ingrate !  Est-ce là « la volonté de puissance » si chère à Nietzsche, finalement mort fou ?  Cet orgueil n’a-t-il pas toujours davantage besoin de lui-même et de ses victoires vaines ? Cet orgueil au nom duquel on est prêt à prendre tant de risques pour se justifier, pour démontrer au Monde entier que l’on est capable, mais qui nous étouffe, qui nous bouffe les chétives émotions que l’on se permet encore… On en désirerait presque une mort héroïque pour s’imaginer 300 personnes derrière son cercueil ou des funérailles nationales de vedette ou de politicien pour enfin se sentir PLEURÉ/E !!! Que ne ferait-on pas même déjà vieillissant/es ou plus encore justement, pour un signe d’amour que l’on refuserait avec superbe, avec la dignité d’un prélat dans sa pourpre et sa misère morale mais alors oui : une misère bien enfouie qu’on garde au plus profond cachée car LES SENTIMENTS  SONT INTERDITS !!! Mais par qui ?  Par le « qu’en dira-t-on » ou par des parents despotiques, tyrans déjà enterrés six pieds sous terre depuis des années ? Non, non, nos parents vivent en nous, ils existent au plus profond de nous : ils sont l’engrais d’une grande fleur qui a poussé en nous, ils en sont les racines, nous leur devons TOUT : oui, nous leur devons tout notre bonheur ou toute notre souffrance, cette infinie souffrance des fruits empoisonnés, des fruits d’une haine que nous ne comprendrons jamais,  que nous refusons d’accepter, de reconnaître. Mais voyons ce déni : nos parents ne peuvent PAS nous haïr, ce serait contre nature !!!  S’ils veulent notre mort,  c’est pour notre bien, ou au nom d’une religion,  comme Abraham qui allait sacrifier son fils à un dieu !  Quel dieu ? Celui de l’argent ou de la gloire ? Et pourtant, c’est bien le sort de la majorité d’entre nous, enfants non désirés enfantés d’une personne vomie : c’est tellement fréquent un père violent, un mari brutal qui vous a engrossée de son pouvoir machiste… Alors vive l’orgueil déguisé sous le nom de « amour propre » ou de dignité, de fierté, de noblesse, de situation aisée, de responsabilité sociale, de maturité et que sais-je encore, tellement les étiquettes se fabriquent en fonction de ce qu’il faut justifier…  Tout se paie, n’est-ce pas ? Mais alors, que fait-on quand un grain de sable surgit et bloque la machine si bien huilée ? Que fait-on lorsqu’une nouvelle agression sexuelle vient révéler celles de l’enfance ?  Que fait-on quand la dépression s’installe et que la solitude de toujours, celle de l’adolescent/e désemparé/e que nous étions, réclame ses droits et nous crucifie ?  Où sont alors nos vraies fondations ?  Sont-elles toujours en béton armé des façades blanchies ?  Sont-elles immergées par des marécages de doutes ?  Ne sommes-nous pas comme le géant aux pieds d’argile, de la parabole ? Irons-nous droit au suicide moins héroïque et plus pitoyable, cette fois ?  Aurons-nous tellement peur de nous-mêmes, peur de cet enfant en nous qui réclamait ses droits fondamentaux depuis si longtemps ?  Nous pouvions nous attendrir devant le nouveau-né d’un proche et nous ne voulons pas trahir nos parents qui nous refusaient toute caresse, le moindre baiser de paix…  Nous mourrons pour rester fidèle à un bourreau,  à un prédateur qui a déposé en nous une bombe à fragmentations, pour tout cadeau, pour tout salaire… Non !!! Cet orgueil armure dont il a la clé, nous pouvons maintenant, d’un souffle, le réduire en cendres. Il suffit de ce souffle de Vie en nous, il suffit d’une pensée de considération pour nos efforts de toute une existence,  il suffit d’une émotion pour ce fils lointain, pour cette fille adorée,  au nom du lien de cet amour que nous avons maintenant, à notre tour, le pouvoir de faire vivre dans la pureté.  Il suffit d’une seconde de foi pour croire que la force de la Vie nous habite toujours et que nous pouvons guérir. Et aimer… Pour l’amour,  le vrai,  il n’est jamais trop tard. Au diable l’orgueil,  la vanité,  le « qu’en dira-t-on »,  les ambitions des autres en notre nom : notre ambition, ce sera l’amour de la Vie, ce sera survivre. Ou VIVRE ENFIN LIBRES !!! Victor KHAGAN  –  (Rebelles homéostasiques)  –  2013

Cession des droits Chris WeinerAnyConstance-1EmilieEmmapeelsImage1BJeanMarcLaurentMarieOdileSandraSolange