PÉDOPHILIE AU MANS : UN PRÊTRE ACCUSÉ DE VIOLS SUR MINEURS

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Entre 1993 et 2007, le Père Max de GUIBERT aurait violé et agressé sexuellement une dizaine de jeunes garçons

Le 11 juillet 2015, le curé des paroisses de Parigné-l’Évêque et du Grand-Lucé, Max de GUIBERT, est mis en examen pour viols et agressions sexuelles sur mineurs de moins de quinze ans par personne ayant autorité. Les faits remonteraient à 1993 et auraient été commis sur une dizaine de petits garçons. Si le Père de GUIBERT nie farouchement les accusations de viols et d’agressions sexuelles, il reconnaît néanmoins avoir eu des « gestes déplacés » tels que des fessées déculottées. Placé en détention provisoire durant un an, il est remis en liberté en juillet 2016 et placé sous le régime de l’assignation à résidence. Cette nouvelle affaire de pédophilie au sein de l’Église révèle, une fois encore, les travers d’une Institution pourtant érigée en tradition historico-culturelle inatteignable. Espérons que la condamnation soit à la hauteur des actes commis, et que l’omerta instituée au sein de l’Institution chrétienne éclate, afin de libérer les victimes de leur silence et de leur donner la dignité et le respect qu’elles méritent.

LES FAITS

En mars 2015, un jeune soupçonné de viol sur son frère va justifier son acte en indiquant que le Père de GUIBERT aurait fait la même chose avec lui. Suite à ces révélations, les langues se délient et les victimes présumées se mettent à parler : onze plaignants sont comptabilisés.

L’Église avertie des soupçons de pédophilie commis par le Père de GUIBERT

Entre 1995 et 2010, plusieurs lettres auraient été envoyées par la famille d’une victime. Ces lettres auraient été adressées au cardinal William Joseph LEVADA, à la congrégation pour la doctrine de la foi du Vatican et également à l’évêché du Mans. Pourtant, jamais l’Église n’a daigné en avertir les services de police, malgré l’ouverture d’une enquête canonique. C’est seulement en mars 2015 que l’affaire sera révélée à la Justice par un jeune homme. Petit à petit, c’est une dizaine de victimes présumées qui portent plainte contre le curé. Ce dernier est alors mis en examen mais persiste à nier les accusations les plus graves, reconnaissant simplement ce qu’il appelle des « gestes déplacés », à savoir des fessées déculottées et autres manipulations impudiques infligées aux petits garçons. Le curé, initialement placé en détention provisoire, est aujourd’hui libre.

Remise en liberté : la présomption d’innocence plus forte que le principe de précaution ?

Le Père de GUIBERT, placé en détention provisoire suite à sa mise en examen pour viols et agressions sexuelles sur mineurs par personne ayant autorité, va demander à plusieurs reprises sa remise en liberté. Le 30 septembre 2015 tout d’abord, il demande sa mise en liberté à la Chambre de l’instruction, après quatre mois passés à la maison d’arrêt de Nantes. La Chambre refuse. Une nouvelle demande de mise en liberté est réalisée quelques mois plus tard devant la Chambre de l’instruction de la Cour d’appel d’Angers. Mais cette dernière, une fois encore, rejette la demande. C’est en juillet 2016 que le curé, après une énième demande, est mis en liberté et placé sous le régime de l’assignation à résidence. Cette mesure restreint les libertés de l’individu qui en est l’objet : elle vise à limiter ses déplacements et surveiller ses fréquentations et activités. L’une des obligations principales de cette mesure reste le pointage à la gendarmerie de façon régulière. Mais c’est précisément cette obligation qui a été levée, en avril 2017, pour le Père de GUIBERT.

Cette mesure signe, aux yeux du public, l’innocence du curé, et par cela remet en cause la parole des victimes qui ont pourtant trouvé le courage de dénoncer ces actes odieux. Il ne reste qu’à espérer que la cour d’assises jugera le Père de GUIBERT à la hauteur de ses actes.

L’IMPLICATION D’INNOCENCE EN DANGER

Innocence en danger s’est constituée partie civile dans le cadre de l’instruction : L’association vient en soutien à l’intérêt des victimes et contribue activement à la recherche de la vérité. En effet, en tant que partie civile, elle peut, durant l’instruction, réaliser des demandes d’actes devant le juge d’instruction. Il peut s’agir de contre-expertises, compléments d’expertises, audition de témoins, etc… que le juge d’instruction est libre d’accorder ou non.

INFORMATIONS COMPLÉMENTAIRES

  • Où en est l’affaire ? Actuellement, l’instruction est toujours en cours.

Avocate d’Innocence en Danger : Maître Marie GRIMAUD

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