MELINDA : ÉBOUILLANTÉE JUSQU’À LA MORT

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Melinda, dix-huit mois, est décédée après avoir été ébouillantée dans un bain d’eau bouillante

Le 18 mai 2016, à Neuf-Mesnil, une femme appelle les secours pour sa fille, Melinda, qui, accidentellement, se serait ébouillantée avec une casserole d’eau bouillante. Arrivés sur place, les secours décident de transférer la petite fille à l’hôpital, malheureusement, il est trop tard : elle décède avant le déplacement. Mais l’autopsie du corps de la fillette révèle une version bien différente de l’accident domestique : la petite fille a volontairement été plongée dans de l’eau bouillante. La mère, son compagnon et l’oncle de la fillette présent lors des faits, sont tous trois placés en garde-à-vue et seront mis en examen. Pourtant, la mère n’est pas inconnue des services de police : trois ans auparavant, sa fille de vingt-et-un mois, Julia, est décédée suite à des coups qui lui ont été portés. La mère est mise en examen pour des faits de maltraitance sur l’enfant, et malgré ces lourdes suspicions, jamais la garde de Melinda ne lui sera retirée. Ses deux autres enfants âgés de six et onze ans ont pourtant été confiés aux services sociaux : pourquoi n’en a-t-il pas été de même pour Melinda ? Pourquoi, tandis que le procès pour le décès de sa première fille n’est pas encore prévu, le principe de précaution n’a-t-il pas été appliqué pour la fillette ? Il ne fait aucun doute que, si les services de protection de l’enfance avaient pris en charge Melinda dès sa naissance, cette dernière ne serait pas décédée. La présomption d’innocence a primé sur le principe de précaution, entraînant le décès d’une petite innocente de dix-huit mois.

LES FAITS

Née en octobre 2014, la petite Melinda, dix-huit mois, est ébouillantée le mardi 17 mai 2016. Sa mère ne préviendra les secours que le lendemain, et lors de leur arrivée, tandis qu’ils veulent transférer la petite fille à l’hôpital, il est trop tard : la fillette est décédée des suites de ses blessures.

UNE MÈRE AUX ANTÉCÉDENTS BIEN CONNUS DES SERVICES DE POLICE

En décembre 2013, Julia, une petite fille de vingt-et-un mois décède à Hautmont suite à une explosion de son foie causé par des coups qui lui ont été portés. La petite fille était gardée par son parrain au moment des faits, mais l’autopsie révèlera que de nombreux coups lui étaient régulièrement portés. Les parents ainsi que le parrain sont ainsi mis en examen, les premiers pour maltraitance, l’autre pour homicide. Si le parrain est rapidement placé en détention provisoire, les parents restent libres sous contrôle judiciaire avec interdiction d’entrer en contact l’un avec l’autre.

Mais les parents ne respectent pas cette obligation et se revoient : la mère tombe alors enceinte de Melinda. Les deux autres enfants du couple, âgés de six et onze ans, sont pris en charge par les services sociaux et sont placés, mais Melinda, lors de sa naissance, n’aura pas cette chance et sera confiée à la mère, le père n’aura que très peu de contact avec elle. En effet, après la naissance de sa fille, la mère refait sa vie avec un autre compagnon, Melinda vivant avec le couple sans voir son père. La question se pose de savoir si les deux affaires (le décès de Julia et celui de Melinda) seront jugées conjointement.

MELINDA, VICTIME DE LA NÉGLIGENCE DES SERVICES PUBLICS ?

Le mardi 17 mai 2016, dans la soirée, Melinda, dix-huit mois, est ébouillantée après avoir pris un bain trop chaud, dans la cité André-Lemoine à Neuf-Mesnil, au domicile de l’oncle de la petite fille. Ce n’est que le lendemain que la mère prévient les secours. L’oncle, la mère et son compagnon, tous trois présents au moment du drame, évoquent la thèse de l’accident domestique : Melinda se serait ébouillantée en renversant maladroitement une casserole d’eau bouillante. Les secours décident de transférer la petite fille, brûlée sur 80% du corps, au Centre Hospitalier Régional (CHR) de Lille. Mais le transfert n’aura pas lieu : il est trop tard, la petite fille est décédée des suites de ses brûlures.

Lors des résultats de l’autopsie, la thèse de l’accident tombe : la petite fille a été ébouillantée durant le bain ou juste après. Les trois adultes présents au moment des faits sont alors placés en garde-à-vue au commissariat de Maubeuge. Rapidement, le beau-père de Melinda fini par avouer avoir plongé la fillette dans un bain d’eau bouillante, le mère et l’oncle n’ayant pas réagi. Les trois individus sont mis en examen : le beau-père pour coups et blessures ayant entrainé la mort sur mineur de moins de quinze ans ; l’oncle et la mère pour non-assistance à personne en danger. Ils sont tous trois placés en détention provisoire en attendant le procès, dont la date n’est pas encore fixée. Le Parquet d’Avesnes-sur-Helpe a été dessaisi au profit du pôle criminel du Tribunal de grande instance de Valenciennes.

Dans cette affaire, une même question revient sans cesse : pourquoi Melinda n’a pas été retirée à sa mère, comme l’ont été les deux autres enfants du couple après sa mise en examen pour maltraitance sur sa première fille, Julia, décédée sous les coups ?

Texte

L’IMPLICATION D’INNOCENCE EN DANGER

Innocence en danger s’est constituée partie civile dans le cadre de l’instruction : L’association vient en soutien à l’intérêt des victimes et contribue activement à la recherche de la vérité. En effet, en tant que partie civile, elle peut, durant l’instruction, réaliser des demandes d’actes devant le juge d’instruction. Il peut s’agir de contre-expertises, compléments d’expertises, audition de témoins, etc… que le juge d’instruction est libre d’accorder ou non.

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