COURBEVOIE : DES ENFANTS ABUSÉS

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Un animateur de centre de loisirs est mis en examen pour agressions sexuelles sur des garçons âgés entre cinq et huit ans

En octobre 2015, l’animateur d’un centre de loisirs à Courbevoie (Hauts-de-Seine) est mis en examen pour agression sexuelle sur plus d’une dizaine d’enfants âgés de cinq à huit ans. Lors de l’enquête, les services de police découvrent un passé déjà suspect chez l’accusé : en 2012 et 2013, l’individu a déjà fait l’objet de signalements de la part de parents d’élèves pour un comportement qualifié d’ « anormal » auprès d’enfants. Mais à l’époque, jamais la Justice ne sera avertie de ces accusations et l’animateur, après avoir été suspendu, sera réintégré au sein d’une autre école quatre mois plus tard. C’est seulement en 2015 que la Justice sera informée des penchants pédophiles de l’individu, suite à une plainte déposée par le parent de l’une des victimes présumées. Lors de sa garde-à-vue, l’accusé avoue rapidement les agressions sexuelles sur plus d’une dizaine d’enfants commis dans les trois écoles dans lesquelles il a exercé. L’homme, atteint d’une légère déficience mentale, aurait pu être arrêté bien plus tôt si les services de police avaient été avertis des signalements effectués en 2012 et 2013. Pourquoi la Justice n’a pas été mise en courant ? Pourquoi l’animateur a-t-il été réintégré dans une autre école après avoir été suspendu seulement quatre mois ? Plus de dix victimes, dont certaines auraient pu être évitées si des mesures adéquates avaient été prises dès les premiers signalements.

LES FAITS

Le 23 octobre 2015, l’animateur accusé d’agressions sexuelles sur plus d’une dizaine de garçons âgés de cinq à huit ans est placé en détention provisoire après avoir avoué les faits qui lui sont reprochés. L’individu est enfin mis hors d’état de nuire après avoir été à nouveau autorisé à entrer en contact avec des enfants malgré une suspension de quatre mois pour plusieurs signalements en 2012 et 2013.

Des signalements antérieurs inconnus de la justice

Au mois de décembre 2012 et d’août 2013, deux parents de victimes présumées signalent le comportement d’un animateur de centre de loisirs à la mairie de Courbevoie. Cet individu est en poste dans une école en tant qu’animateur de centre de loisirs dans le cadre d’activités organisées hors période scolaire (pause de midi, vacances, etc).

L’animateur, atteint d’une légère déficience mentale, aurait eu un comportement « anormal » envers les enfants. L’établissement public administratif de Courbevoie en charge de l’animateur, le VAL (Vacances animations loisirs), suspend ce dernier au mois de septembre 2013. Malgré l’obligation du VAL de dénoncer des faits d’agressions sexuelles à la Justice, à aucun moment les services de police n’auront connaissance de ces signalements. Si la mesure de suspension de l’animateur parait adaptée, elle ne durera pas puisque quatre mois plus tard, en janvier 2014, l’individu est réintégré dans une autre école (l’école élémentaire Logie) sur l’instruction du Ministère de la Jeunesse et des Sports qui a exigé sa réintégration. Le Ministère aurait réalisé une enquête aux termes de laquelle il aurait conclu à l’absence de dangerosité de l’animateur.

Des aveux tardifs

Au début du mois d’octobre 2015, les parents d’un petit garçon dénoncent des agressions sexuelles qui auraient été commises sur leur fils. Une enquête préliminaire est alors ouverte à Nanterre pour agression sexuelle sur plus d’une dizaine d’enfants, tous des garçons, âgés de cinq à huit ans. Durant les activités organisées avec les enfants, l’accusé agissait de la manière suivante : il emmenait un enfant dans les toilettes, le gymnase ou encore la cour de l’école, procédant ensuite à des attouchements et des fellations sur les petits garçons.

 Le suspect est suspendu le 19 octobre 2015 par le VAL. Placé en garde-à-vue, il avoue les agressions sexuelles sur plus de dix enfants, commises dans les trois écoles dans lesquelles il a travaillé. Aucune condamnation antérieure n’est révélée par les services de police qui le mettent en examen. L’accusé est placé en détention provisoire le 23 octobre 2015 en attendant son procès.

Si les services de police avaient été avertie des signalements réalisés par des parents en 2012 et 2013, une enquête préliminaire aurait pu être ouverte et ainsi, les agressions commises sur les enfants de l’Ecole élémentaire Logie auraient été évitées. Mais une fois encore, trop de négligence, trop d’absence, trop d’inertie ont été observées, laissant le champ libre à un individu que les services publics savaient dangereux.

L’IMPLICATION D’INNOCENCE EN DANGER

Innocence en danger s’est constituée partie civile dans le cadre de l’instruction : L’association vient en soutien à l’intérêt des victimes et contribue activement à la recherche de la vérité. En effet, en tant que partie civile, elle peut, durant l’instruction, réaliser des demandes d’actes devant le juge d’instruction. Il peut s’agir de contre-expertises, compléments d’expertises, audition de témoins, etc… que le juge d’instruction est libre d’accorder ou non.

Innocence en danger a adressé une lettre à la Ministre de l’Education de l’époque, Najat VALLAUD-BELKACEM : vous pouvez consulter librement cette lettre en cliquant ici.

INFORMATIONS COMPLÉMENTAIRES

  • Où en est l’affaire ? Edouard de B. a été condamné le 14 septembre 2018 par la cour d’assises des Hauts-de-Seine à quinze ans de réclusion criminelle. 
  • Avocate représentant Innocence en Danger : Maître Nathalie Bucquet.

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