BASTIEN : UNE PUNITION EFFROYABLE

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Bastien, 3 ans et demi, est placé dans la machine à laver par son père, qui lance le mode essorage;
l’enfant en ressort le corps bleu et désarticulé, sans vie.

Le 25 novembre 2011, Bastien, trois ans et demi, rentre de l’école avec Charlène COTTE, sa mère. Arrivée à la maison, elle explique au père, Christophe CHAMPENOIS, que le petit garçon a encore fait des siennes à la récréation et a eu un comportement turbulent envers certains de ses camarades. La mère souhaite alors le punir en l’enfermant dans le placard, comme il est habituel de le faire dans cette famille. Mais le père en décide autrement et souhaite punir l’enfant plus sévèrement. Il emmène Bastien avec lui et place le petit garçon dans la machine à laver de la maison. Il déclenche ensuite le mode « essorage », et ce n’est que trente minutes plus tard qu’il ouvrira la porte de la machine et en sortira son fils. Bastien a le corps bleu, totalement désarticulé, il ne bouge plus. À 18h20 le père appelle les pompiers et la gendarmerie, mais il est déjà trop tard : Bastien, trois ans et demi, est décédé. Une nouvelle âme innocente a rejoint le ciel. Et une fois encore, les responsables ne sont pas seulement les parents : la famille était suivie par les services sociaux depuis 2006 et malgré trois signalements de mineur en danger dont le dernier, en date du 18 juillet 2011, concernait Bastien, jamais la famille ne fera l’objet d’une enquête pour maltraitance. Des dysfonctionnements qui deviennent la norme, des inactions qui remplacent la protection, et des enfants relayés au second plan afin d’éviter le scandale. Le cas de Bastien, loin d’être isolé, nous rappelle que chaque jour, des enfants meurent, victimes de la maltraitance de leurs parents mais également de l’inaction des services de protection de l’enfance.

LES FAITS

Lorsque le petit Bastien voit le jour, son arrivée, plus qu’inattendue, n’était avant tout pas désirée. Sa mère, Charlène COTTE, fait un déni de grossesse ; son père, Christophe CHAMPENOIS, un déni de paternité. C’est seulement le jour de l’accouchement que les parents font face à la réalité : ils ont un enfant et ils vont devoir assumer. Mais, ce qui peut passer pour un devoir pour certains, est ici vécu comme un fardeau. Bastien paiera, toute sa courte vie, le prix de sa naissance.

Un père aux lourds antécédents de violences connus des services publics

Christophe CHAMPENOIS, père de Bastien, n’est pas inconnu des services de police. En effet, ce n’est pas moins de six condamnations qui sont inscrites sur son casier judiciaire, dont l’une pour violences conjugales envers sa compagne, Charlène COTTE. De plus, il a également des problèmes d’alcoolisme et de consommation de cannabis. Après trois signalements de mineur en danger, dont le dernier, en date du 18 juillet 2011, concerne Bastien, les services sociaux, qui suivent déjà la famille, concluent à une absence de violence intrafamiliale. Le père entraine sa compagne dans sa violence, celle-ci devient complice des sévices infligés à l’enfant. Le couple, parents de deux enfants, Bastien et sa grande sœur Maud, multiplie les punitions envers le petit garçon, non désiré à la naissance. Ainsi, lorsqu’il commet une bêtise, Bastien est enfermé dans un placard durant plusieurs heures, les mains scotchées afin qu’il ne puisse pas en sortir, un pot à ses côtés afin qu’il puisse faire ses besoins. Cette punition sordide, Bastien la connaît par cœur. Mais ce 25 novembre 2011, à Germigny-l’Evêque, le petit garçon va connaître pire. Tellement pire qu’il n’en sortira pas vivant. Suite à un comportement turbulent à l’école, le père souhaite le punir plus sévèrement que d’habitude. Il place son enfant dans la machine à laver, règle le mode « essorage » puis presse le bouton « départ ». Durant trente minutes, Bastien vit un calvaire. Lorsque le père ouvre le hublot et sort le petit garçon, ce dernier ne bouge plus. Son corps est bleu et désarticulé. Lorsqu’il prévient pompiers et gendarmes à 18h20, il est trop tard : Bastien, trois ans et demi, est décédé.

Une mère complice, jouant au puzzle avec sa fille durant le drame

Si c’est bien le père, Christophe CHAMPENOIS, qui a placé l’enfant dans la machine à laver, la mère n’est pas intervenue. Pire encore, totalement imperméable aux cris de son fils, elle jouait au puzzle avec sa fille, Maud, durant le drame. Lorsque les gendarmes arrivent sur place et constatent le corps sans vie de l’enfant, les parents sont alors placés en garde-à-vue et une enquête est ouverte. Les parents ne cessent de changer de version : Bastien serait tombé dans les escaliers, pour le rafraichir, son père lui aurait fait prendre un bain et il s’y serait noyé. En réalité, c’est la déclaration de la petite Maud, sœur aînée de Bastien, qui va révéler l’impensable : papa a mis Bastien dans la machine à laver. Mais où était maman ? Maman jouait, pendant ce temps, au puzzle avec sa fille. Ce témoignage bouleverse l’enquête : le père est poursuivi pour meurtre, la mère pour complicité.

Le procès : le père condamné, la mère pardonnée ?

Le procès des parents de Bastien se tient du 8 au 11 septembre 2015 devant la cour d’assises de Seine-et-Marne à Melun, même cour qui a eu à connaître du calvaire vécu par la petite Inaya. L’avocat général, Monsieur Éric de VALROGER, réclamait la réclusion criminelle à perpétuité pour le père mais demandait l’acquittement de la mère pour le chef de complicité et sa condamnation à cinq ans d’emprisonnement du chef de violences. Si le jury d’assises a été plus indulgent pour le père qui se voit condamné à trente ans de réclusion criminelle, il dépasse les réquisitions de l’avocat général pour la mère en la condamnant pour complicité à douze années de réclusion. Une condamnation certes plus sévère que les réquisitions du Ministère public, mais ô combien superficielle eu égard à la cruauté de l’acte. La complicité est aussi cruelle que le crime lui-même.

Charlène COTTE interjette appel de ce verdict et obtient, le 11 mars 2016, par la Chambre de l’instruction de la Cour d’appel de Paris, une remise en liberté en attendant le procès en appel, dont la date n’est pas encore fixée. Le Ministère public a également interjeté appel de la décision concernant la condamnation de Christophe CHAMPENOIS.

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