DE L’AFFAIRE ANGÉLIQUE AU QUESTIONNEMENT DE L’EFFICACITÉ DE LA JUSTICE

Le 30 avril 2018, un homme âgé de quarante-cinq ans est mis en examen des chefs de viol, séquestration et meurtre sur mineur de quinze ans. La victime, Angélique, avait treize ans. 

Le suspect a été placé en détention provisoire dans l’attente de son procès. Mais outre la violence inouïe des faits qui lui sont reprochés, c’est davantage son passé qui questionne. L’homme a déjà été condamné, en 1996, pour viol sur mineur de quinze ans. Si aucune obligation de soins n’a été prononcée à l’époque, il a néanmoins été inscrit au Fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes (FIJAISV). Comment un prédateur sexuel a-t-il pu être remis en liberté sans aucun contrôle et sans être assujetti à une quelconque mesure de prévention d’une possible récidive ? 

Innocence en Danger s’est à plusieurs reprises exprimée sur l’affaire Angélique et les questions qu’elle suscite quant à la prise en charge des auteurs d’infractions sexuelles. Le FIJAISV, regroupant l’identité de nombreux délinquants sexuels, n’est aujourd’hui accessible qu’à un nombre restreint de personnes (autorités judiciaires et policières, préfets et certaines administrations de l’État), entraînant un manque d’information ne permettant pas de lutter activement contre la récidive. Maître Marie Grimaud, avocate référente d’Innocence en Danger, propose d’étendre l’accès à ce fichier en prévoyant « la possibilité de dénoncer auprès des collectivités territoriales, de manière systématique, l’existence dans le territoire visé de délinquants sexuels pour obliger les collectivités à vérifier qu’il n’habite pas auprès d’écoles, qu’il ne travaille pas (…) auprès de mineurs, et ce serait (…) un outil de prévention« .  La présidente d’Innocence en Danger, Madame Homayra Sellier, dans une tribune à France Info, appuie sur le manque de moyens réservés à la protection de l’enfance mais également l’absence de toute prévention dans le domaine des infractions contre mineurs. Rappelons enfin qu’un pédophile fait, au cours de sa vie, environ 120 victimes, ainsi que l’a énoncé la Présidente dans une interview accordée à Marie Claire. Ainsi, après ce énième fait divers, témoin des lacunes de notre justice en matière de protection des mineurs, il est nécessaire de ne plus se contenter des mots, et d’agir. Combien d’Angélique devront encore être victimes avant que des dispositions efficaces soient prises en matière de répression, de suivi, mais surtout de prévention afin de lutter contre le fléau de la délinquance sexuelle sur mineurs ? 

Liens

    • Retrouvez la tribune de la présidente d’Innocence en Danger, Homayra Sellier, en cliquant ici ;
    • Retrouvez l’interview de la la présidente d’Innocence en Danger, Homayra Sellier, en cliquant ici ;
    • Retrouvez les différentes interventions télévisées de Me Marie Grimaud, avocate référente d’Innocence en Danger, en cliquant ici, ici et ici
    • Retrouvez l’interview de Me Nathalie Bucquet, avocate pour Innocence en Danger, en cliquant ici

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